Avant de parler de remèdes, parlons d’immunité
Chaque automne, vous me posez les mêmes questions. Faut-il commencer une cure dès octobre ? Que prendre quand les virus circulent ? Et si les premiers frissons arrivent, que faire ? J’ai eu envie de prendre le temps de vous répondre, sans opposer systématiquement les approches naturelles à la médecine.
Notre immunité n’est pas un bouton qu’il faudrait pousser au maximum. Elle doit pouvoir réagir à une infection, mais aussi réguler l’inflammation et retrouver son équilibre. Le sommeil, l’alimentation, les maladies chroniques et certains traitements influencent cette réponse. Voilà pourquoi je préfère raisonner en fonction de chacun plutôt que d’empiler les compléments.
Avant la saison
Faire le point sur le terrain, les carences éventuelles, le sommeil et la prévention adaptée.
Pendant le pic
Adapter ses habitudes, limiter les expositions et éviter les cures inutiles.
Dès les premiers signes
Se reposer, surveiller l’évolution et ne pas attendre pour consulter si nécessaire.
L’homéopathie : une place, sans promesse excessive
Influenzinum 9 CH, Thymuline 9 CH, Sérum de Yersin 9 CH et Oscillococcinum reviennent souvent dans les protocoles hivernaux. Je n’ai aucune envie de dénigrer ces pratiques ni les personnes qui y trouvent un intérêt. Je souhaite simplement distinguer les usages traditionnels de l’efficacité démontrée.
Avant et pendant le pic épidémique
Des protocoles homéopathiques traditionnels prévoient Influenzinum 9 CH, une dose par semaine pendant quatre semaines, puis une dose mensuelle pendant la période hivernale. Thymuline 9 CH est parfois proposée en parallèle, à raison d’une dose hebdomadaire initialement, puis mensuelle. Certains praticiens utilisent également Sérum de Yersin 9 CH en alternance. Il ne s’agit pas de schémas dont l’efficacité préventive contre la grippe a été démontrée. Mieux vaut discuter des modalités exactes avec son pharmacien plutôt que cumuler les préparations.
Préparation (4 premières semaines)
- Influenzinum 9 CH : 1 dose par semaine pendant 4 semaines.
- Thymuline 9 CH : traditionnellement 1 dose par semaine sur la même période, le lendemain d’Influenzinum.
Au pic épidémique
- Influenzinum 9 CH : 1 dose par mois dans certains schémas traditionnels.
- Thymuline 9 CH : parfois 1 dose mensuelle, le lendemain.
- Sérum de Yersin 9 CH : parfois 1 dose mensuelle en alternance, uniquement après conseil pharmaceutique personnalisé.
Aux premiers symptômes
Oscillococcinum possède des usages traditionnels lors des états grippaux ; les posologies se vérifient sur la notice de la spécialité utilisée. Les analyses scientifiques disponibles n’ont pas démontré qu’il prévenait la grippe ou remplaçait un traitement antiviral. Il ne doit jamais faire retarder une consultation.
Au début de l’état grippal : 1 dose dès que possible, puis renouveler 2 à 3 fois à 6 heures d’intervalle si les symptômes persistent, suivant la notice de la présentation disponible.
État grippal déclaré : la notice française mentionne 1 dose matin et soir pendant 1 à 3 jours. Vérifier la notice du conditionnement acheté avec votre pharmacien.
L’homéopathie ne remplace ni un antiviral lorsqu’il est indiqué ni un avis médical. Consultez rapidement si vous êtes à risque.L’échinacée : pourquoi je m’y intéresse

L’échinacée pourpre fait partie des plantes traditionnellement utilisées à l’approche de l’hiver. Certains de ses constituants interagissent avec des voies de régulation immunitaire. Plusieurs essais concernent le rhume et les infections respiratoires hautes, avec des résultats variables selon les préparations. Cela ne démontre pas une prévention de la grippe.
Sunday Natural, échinacée pourpre 400 mg (réf. 5726) : 1 gélule par jour avec de l’eau, selon l’indication fabricant à recontrôler sur l’étiquette. Une utilisation courte et individualisée est préférable à une prise systématique pendant six mois.
Cette posologie commerciale ne prouve pas une efficacité pour prévenir ou traiter la grippe. Attention aux allergies aux Astéracées, aux situations auto-immunes, aux traitements immunosuppresseurs et à la grossesse.Dans le catalogue Sunday Natural d’août 2026 figure un extrait d’échinacée pourpre 400 mg, référence 5726. Le choix et la durée d’une cure doivent suivre la notice du produit et le profil de la personne ; je ne recommande pas d’en prendre automatiquement d’octobre à mars.
Prudence en cas d’allergie aux Astéracées, de maladie auto-immune, de traitement immunosuppresseur, de grossesse ou d’allaitement. Demandez conseil à votre médecin ou pharmacien.
Reishi, shiitake, maitake… des pistes, pas un bouclier

Les champignons médicinaux sont intéressants à étudier pour leurs polysaccharides, en particulier certains bêta-glucanes. En laboratoire, ils interagissent avec des cellules immunitaires. Les recherches humaines restent cependant insuffisantes pour dire qu'une cure de reishi, shiitake, maitake ou cordyceps prévient la grippe.
Shiitake, maitake, reishi, cordyceps : il n’existe pas de posologie préventive validée contre la grippe. Suivre uniquement la quantité indiquée pour l’extrait choisi sur l’étiquette du fabricant, après vérification des contre-indications. Je ne propose pas de dose universelle ni de combinaison systématique.
Vigilance particulière avec les anticoagulants, immunosuppresseurs, problèmes hépatiques et avant une intervention.Sunday Natural propose notamment des extraits de shiitake (4613-bio), maitake (4981-bio), reishi (4610-bio) et cordyceps (5018-bio). Je ne suggère pas de les associer tous. La qualité de l'extrait, les traitements en cours et le terrain comptent bien davantage. En particulier, reishi et cordyceps nécessitent de la prudence avec certains anticoagulants.
Huiles essentielles : distinguer confort et prévention

Le ravintsara, l’eucalyptus radié ou le thym à linalol sont souvent cités en aromathérapie hivernale. Leur activité observée in vitro ne prouve pas une protection contre la grippe chez l'être humain.
- Olfaction : sentir brièvement un mouchoir portant 1 goutte d’huile essentielle appropriée, sans toucher la peau ni les muqueuses, seulement si elle est bien tolérée.
- Application cutanée : dilution indicative de 1 % (environ 1 goutte pour 5 ml d’huile végétale), sur une petite zone de peau intacte, après vérification des contre-indications.
- Voie orale : aucune posologie préventive proposée en automédication.
Une olfaction ponctuelle peut être appréciée pour son confort chez un adulte qui la tolère. Une application cutanée exige une dilution adaptée, la vérification des contre-indications et l'évitement des muqueuses. Quant à l’ingestion, je ne la conseille pas comme réflexe préventif : les risques d’irritation, de toxicité et d’interactions sont réels.
Chez les enfants, les femmes enceintes, les personnes asthmatiques ou présentant des pathologies chroniques, l'avis d'un professionnel compétent est indispensable avant toute utilisation.
Le zinc : utile, mais pas systématiquement

Le zinc contribue au fonctionnement normal du système immunitaire. Mais sa présence dans une multitude de complexes hivernaux ne justifie pas d'en prendre sans raison. Des apports excessifs et prolongés peuvent notamment entraîner une carence en cuivre, des troubles digestifs et des déséquilibres biologiques.
En l’absence de déficit documenté : aucune supplémentation systématique proposée. En cas de carence suspectée ou identifiée, la dose et la durée se décident selon les apports, le bilan et les traitements. Éviter les doses élevées au long cours sans suivi.
En cas de suspicion de déficit, un bilan biologique peut être discuté. Son interprétation tient compte de l'inflammation, des apports alimentaires et du contexte clinique. Le foie n'est pas l'organe principalement menacé par les excès habituels de zinc oral : le risque documenté le plus classique reste surtout le déséquilibre en cuivre.
Je préfère aussi regarder le sommeil, les apports protéiques, la diversité alimentaire et une éventuelle insuffisance en vitamine D plutôt que prescrire un complexe supplémentaire « au cas où ».
Sommeil, vitamine D, microbiote : revenir aux bases

On parle facilement de « renforcer ses défenses ». Je préfère commencer par les habitudes qui permettent au corps de fonctionner correctement : des nuits suffisamment régulières, des repas avec assez de protéines, des végétaux variés et du mouvement adapté à chacun.
La vitamine D participe au fonctionnement immunitaire, mais cela ne justifie pas des doses élevées sans évaluation des apports, des facteurs de risque et, si nécessaire, d'un bilan. Le microbiote participe lui aussi au dialogue entre l'intestin et le système immunitaire. Cela ne signifie pas qu'une cure de probiotiques suffirait à prévenir la grippe.
Pourquoi je m’intéresse à Flucelvax

On me demande parfois si l’on peut concilier prévention naturelle et vaccination. Bien sûr. Une grippe peut avoir des conséquences importantes pour les personnes âgées ou celles qui présentent une maladie cardiaque, pulmonaire, rénale, un diabète ou une fragilité immunitaire. Dans ces cas, la vaccination a une place essentielle pour réduire les risques de complications.
Ma préférence personnelle va à Flucelvax, vaccin inactivé produit sur cultures cellulaires, sans adjuvant. Cette technique évite les adaptations virales liées à la culture sur œufs, ce que je trouve intéressant. Elle ne démontre toutefois pas une meilleure efficacité clinique systématique que tous les autres vaccins disponibles.
En France, pour les personnes âgées de 65 ans et plus, les recommandations privilégient des vaccins adaptés comme Efluelda (haute dose) et Fluad (avec adjuvant). Ces options méritent d'être discutées prioritairement avec le médecin ou le pharmacien. Mon choix personnel n'est donc pas une recommandation universelle.
« Ce qui m'intéresse, ce n'est pas de stimuler l'immunité à tout prix. C'est de comprendre ce dont votre organisme a réellement besoin. »
Et si les symptômes arrivent malgré tout ?
Fatigue brutale, courbatures, frissons, toux, maux de tête ou fièvre : un syndrome grippal mérite d'être pris au sérieux. Reposez-vous, hydratez-vous et surveillez l’évolution. Les approches naturelles peuvent accompagner le confort, mais ne remplacent pas les soins nécessaires.
Au fond, que faut-il retenir ?
Il n’existe pas une formule valable pour tout le monde. Je continue de m'intéresser aux approches traditionnelles, sans leur demander de faire ce qu'elles n'ont pas démontré. Et je reconnais la place de la vaccination et de la médecine quand le terrain le nécessite. C'est cette complémentarité, avec mesure et bon sens, qui me paraît juste.
Bonne lecture, et prenez soin de vous cet hiver !
François LOVO
Naturopathie · Nutrition · Micronutrition
Santé intégrative & digestive
Cochrane : Oscillococcinum · NIH : zinc · OMS : grippe · HAS : vaccination
Contenu d'information générale, non substitutif à un avis médical. Les références Sunday proviennent du catalogue août 2026 ; leur présence n'implique pas une efficacité antigrippale établie.
Assurance maladie : vaccination grippe 2026-2027 · Sunday Natural : échinacée 400 mg, réf. 5726

